Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 11:20

P1200678

Un coq sur un toit ?

Tiens donc ! Mais que fait-il donc là-haut ?

Bec ouvert et regard immobile, tourné vers l'orient,

il contemple une large plaine couverte de blés encore verts.

Devant la beauté du paysage, ému par les promesses qui s'annoncent,

sa queue légèrement gonflée par le souffle du vent,

son coeur s'élargit en un chant silencieux mais puissant,

oubliant, l'étourdi, que sa nature est d'être muet. 


« Merveille, merveille, voudrait-il crier à plein poumons !

Voyez la splendeur de ce monde et laissez-vous étonner !

Il n'a jamais été aussi beau qu'en ce jour de juin.

Acclamez le soleil qui embellit toutes choses et fait mûrir ce champ » !


Mais personne ne peut entendre son chant inexprimable,

même pas les âmes discrètes qui peinent à quitter une telle bénédiction.

Mais si ! Son chant a été entendu par les plantes des alentours

qui se sentent embellir en entendant le cri d'émerveillement du coq.

Feuillages et herbages s'agitent en déployant leurs charmes,

coquelicots et graminées se redressent avec un grand désir de plaire,

roses et chevrefeuilles s'épanouissent et libèrent leurs parfums généreux.

L'été s'annonce, même s'il semblait encore hésiter à venir.


Les promeneurs qui passent par là et lèvent la tête

interrogent l'immobililité du coq.

Entendent-ils son hymne à la beauté de la nature?

Ce n'est qu'un instant plus tard, en poursuivant leur chemin,

que la plaine s'offrira largement à leur regards étonnés et qu'ils s'arrêteront,

partageant soudain sans le savoir l'émerveillement du coq.


Si quelque fée, passant d'aventure en cet instant, était témoin de cette scène,

peut-être voudrait-elle rendre au coq sa voix afin qu'il alerte l'attention du passant

et le prépare à ne rien perdre de tant de beauté offerte.


Mais, qui sait ?

Peut-être un passant indélicat serait-il alors tenté de monter sur le toit

et d'en décrocher le malheureux coq pour le ramener dans son poulailler,

espérant pouvoir ainsi garder pour lui-même

l'usage exclusif de son chant de bénédiction.

Le coq perdrait alors à tout jamais la vue si belle des champs de blé

qu'il ne pourrait plus chanter avec tant d'émerveillement.


Non, laissons le coq perché sur son toit.

Soyons attentifs à son cri qui nous invite au bonheur.

Tant pis pour les aveugles qui ne le verront pas admirer la plaine,

tant pis pour les sourds qui ne sauront pas entendre l'annonce de tant de beauté.


 Merci à gazou, naline, Philibert, Nénette et pasteline dont les commentaires ont avantageusement stimulé mon inspiration. 
Par Le pèlerin - Publié dans : Atelier de poésie - Communauté : Passeurs d'espoirs
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Profil

  • Le pèlerin
  • Le jardin du pèlerin
  • Homme
  • 01/06/1942
  • nature poésie photos vie liberté
  • une homme heureux en famille - 10 petits-enfants, engagé dans sa foi (diacre permanent), retraité en grande activité, voyageur et pèlerin

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés