Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /Mars /2009 18:07
 

Voici une petite histoire qui m'a été racontée récemment. Un couple de Français est allé passer des vacances dans l'un des pays de la péninsule indochinoise, emmenant avec lui son chien. Ils se présentent dans un restaurant, il fait chaud, leur chien a besoin de boire. Ne parlant probablement ni la langue locale, ni l'anglais, il faut expliquer les choses avec des gestes. Alors on montre le chien, puis l'assiette en expliquant qu'il faudrait y mettre de l'eau pour faire boire le chien. Le serveur part en emmenant l'assiette et le chien, et revient un instant plus tard, tout content de présenter le chien qui a été apprêté dans l'assiette pour le repas de ses clients.

Lorsque je raconte cette histoire, elle suscite un mélange d'horreur et de rire. Mais il n'était pas venu à l'idée de ces Français, habitués qu'ils étaient à nourrir leur chien, qu'il y a des pays dans lesquels la faim est telle que l'on est parfois bien content de manger ce que l'on trouve, des chiens certainement, mais aussi des insectes, par exemple des araignées comme le montre cette photo prise au Cambodge.

Selon un reportage récent de France 3, un chien ou un chat coûte chaque année de l'ordre de 400 € en nourriture et en vaccins. Il est normal et responsable d'assumer ces dépenses lorsqu'on est propriétaire d'un animal de compagnie.

Je ne veux culpabiliser personne, et chacun doit rester libre de ses choix. mais nous pouvons réfléchir en laissant résonner cela avec les chiffres suivants:

  • De l'ordre de 150 personnes sont mortes dans la rue en France au cours des six derniers mois (voir ma chronique précédente).

  • Selon la FAO, 963 millions de personnes ont souffert de la faim en 2008, on pense qu'elles seront de l'ordre d'un milliard en 2015.

  • Selon l'UNESCO, il y aurait dans le monde près de 774 millions d'adultes analphabètes, dont environ 64% seraient des femmes.


Il suffit parfois d'un don de quelques euros, de quelques dollars, pour donner la vie. Il n'y a pas besoin d'aller bien loin. Il suffit de regarder autour de nous, dans les lieux même où nous vivons. Et si nous préférons regarder en direction des pays de grande pauvreté, les associations prêtes à accueillir nos dons, aussi modestes soient-ils, sont nombreuses et diverses.

Pour moi, j'ai rencontré à plusieurs reprises ces personnes au Cambodge pour lesquelles je sollicite des dons. J'ai vu leur dénuement, je ne peux oublier ni leurs regards, ni leurs sourires (voir l'album Visages du Cambodge). Ces sourires me disent que, même si la vie est dure et tellement précaire, elle est bonne, elle vaut la peine d'être vécue. L'espérance du bonheur est là, fragile, elle a juste besoin d'être un peu soutenue. Un peu pour nous, c'est beaucoup pour là-bas, et quelques euros y suffisent parfois.

Alors, ouvrons nos cœurs.


Si vous souhaitez plus d'informations, allez sur le site des Amis de la rizière

Par Le pèlerin - Publié dans : Cambodge - Communauté : Vivre en chrétien
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